David Trott
The scholar / L'érudit
David wrote his doctoral thesis on Marivaux, but it was in the last ten years that he became an internationally acclaimed specialist of 18th-century French theatre. His monograph, published in 2000, on Théâtre du XVIIIe siècle: jeux, écritures, regards was a completely new departure; his growing authority brought him into contact with a large number of researchers and students at conferences, workshops and on the Internet. The June 2005 international colloquium on "Les théâtres de société au XVIIIe siècle", which he was preparing with Dominique Quéro and Marie-Emmanuelle Plagnol (see the latter's tribute below), is dedicated to him.
His web page on "Le Théâtre en France au XVIIIe siècle" gives one idea of the extent of his interests and publications; a more eloquent testimony to his influence can be found in the many tributes which have poured in since his death. A tribute volume is planned for publication by the Presses de l'Université Laval.
The most complete online tribute to him is by Françoise Rubellin, a close collaborator at the Université de Nantes; it can be read on the site of CESAR - Calendrier Electronique des Spectacles sous l'Ancien Régime, one of David's most important international collaborations.
Here are others
« Avant même d'avoir rencontré David Trott, j'ai été ébahie par
l'incommensurable générosité qui se manifeste à travers les multiples
bases de données, articles, liens et informations mis à disposition sur son site
personnel, http://www.chass.utoronto.ca/~trott/. Etudiante en maîtrise de Lettres Modernes à l'Université de Nantes, j'ai fait mes premiers pas dans
le monde de la recherche en 2001 ; premiers pas que je situe plus
précisément au moment de ma première consultation de la base de donnée des
ouvres lyriques parodiées du site de David Trott (sous la bienveillance de
Françoise Rubellin). C'est en effet grâce à cet outil que ma curiosité à
l'égard du théâtre parodique a été éveillée et que j'ai pu déterminer le
sujet de mon mémoire de recherche : les parodies de Phaëton, l'une des
nombreuses tragédies lyriques de Lully. David Trott avait répertorié
plusieurs parodies de Phaëton que j'ai "traquées" avec assiduité pendant
un an. Tout au long de ma recherche, il m'a soutenu, répondant avec une
confondante gentillesse et une disponibilité à toute épreuve à mes
différents doutes et interrogations concernant la localisation des
documents. Si ce travail de recherche avait pour source le site de David
Trott, c'est sur ce même site qu'il a trouvé son aboutissement. En effet,
David Trott m'avait invitée à lui faire part de mes conclusions sur le
sujet afin de mettre à jour sa base de donnée. Quelle joie, pour une jeune
étudiante-chercheuse de constater qu'une semaine à peine après la
soutenance de son mémoire, le modeste fruit de son travail est déjà pris en
considération sur un site aussi sérieux que celui de David Trott !
« La première fois que j'entendis le nom de David Trott, cela fit le doux bruit d'un gong salvateur... Deux mois après la rentrée universitaire, je n'avais pas encore de sujet pour mon mémoire. La seule chose que je savais c'est que je voulais travailler avec Françoise Rubellin. Heureusement, cette dernière se fit l'heureuse entremetteuse en acceptant le cadeau de David Trott qu'elle n'hésita pas à me transmettre, histoire que je me réveille un peu, secouée par une mission importante à accomplir : il s'agissait de retranscrire le microfilm BN Ms.f.fr 9336. Le 21 décembre 1998, je me mettais enfin à la tâche en remerciant ma directrice de mémoire et ce mystérieux chercheur de l'ombre qui adorait les Lumières dont je ne connaissais que le nom et qui, du Canada, venait expressément en France à la recherche de nouveaux microfilms... J'adorais déjà cet homme-là et je l'imaginais en savant-fou ou en James Bond (ça, c'est l'effet "microfilm"...)... Quand je vis "mon héros" pour la première fois, à Nantes, ce fut une vraie rencontre : un homme aussi soucieux de transmettre avec générosité ses connaissances que de répondre avec précision à toutes nos questions. Avec David Trott, j'ai compris ce que signifiait la Recherche en littérature. C'est donc ça! Faire de la recherche, c'est chercher dans les archives, c'est éternuer, c'est faire de l'informatique, c'est rentrer des données, c'est se tuer les yeux à décrypter des écritures anciennes, c'est faire de la graphologie, c'est imaginer aussi, c'est chanter, c'est discuter, c'est prendre en compte tous les paramètres, la scène, la politique, la musique, les histoires de coeur entre les actrices et les entrepreneurs, c'est lire les gazettes de l'époque, manger du dictionnaire, c'est faire ouvrir des cartons merveilleux à la bibliothèque de l'Opéra qui contiennent les dessins du costumier de la pièce parodiée que l'on recherchait pour vérifier quelque chose, ah, oui, mamzelle Clairon était bien en jaune, donc ça signifie que... Bref, David Trott était la preuve vivante que la recherche, ça rendait heureux. Soulever la poussière des bibliothèques? une joie immense ; tapoter sur son ordinateur pour fixer tout cela? une réelle satisfaction ; transmettre l'histoire, la petite ou la grande, de vive voix ou sur la toile? un aboutissement. En démystifiant l'activité du chercheur, en n'oubliant jamais que chercher c'est aussi enseigner, je trouvais en David Trott le parfait alter ego de Françoise Rubellin. Lors d’un déjeuner dans un restaurant avec d'autres professeurs et étudiants, David me parla de la nature canadienne avec des yeux pétillants. Je me souviens qu’il avait un petit camion qui lui servait de lit pour dormir tout près de l’eau. Je compris que cet homme-là avait une vie bien remplie. Et j’en fus très heureuse. A mon tour, je tenterai de remplir au mieux la mienne. » Annie Boucherie (Ancienne étudiante de l'Université de Nantes)
« J'ai connu David l'été où j'achevais mon habilitation, un de ces étés pendant lesquels les universitaires bouclent leurs travaux et les collègues étrangers viennent travailler dans les bibliothèques parisiennes. David avait eu vent de mon domaine de recherche et m'a contactée par téléphone, sans doute avait-il déjà perçu une part de mes incapacités électroniques! Nous avons convenu d'un rendez-vous chez moi pour faire connaissance et parler théâtre. David est arrivé les bras chargés de ce qui le caractérisait, un peu comme ces accessoires de théâtre, une participation au repas (je crois qu'il s'agissait d'un grand cru), son appareil photo numérique et son ordinateur bien sûr. Il connaissait évidemment tout des vestiges du château Conti en face duquel j'habite et a immédiatement repéré la reproduction d'une carte postale du XIXe siècle dans l'entrée de la maison, il l'a photographiée, insérée sur le site où elle figure toujours avec la mention "collection particulière", le tout sous mes yeux et m'a fait ensuite entreprendre la visite du site... avant de répondre avec son érudition, sa générosité et sa qualité d'écoute à mes interrogations.
« Je ne trouve malheureusement pas de mots pour dire ma peine réelle face au départ d'un homme qui a accompagné chaleureusement mes premiers pas de chercheur et qui, toujours, manifestait une véritable passion pour les réalisations de notre compagnie des Menus-Plaisirs du Roy. »
Jean-Luc Impe (musicien et musicologue, Bruxelles)
« Je suis profondément touché par le décès de David, que je connaissais assez bien grâce à Michèle Weil : il l'avait par exemple accompagnée pour des soutenances de thèses ici à Toulouse et sa bienveillance indulgente pour les jeunes gens m'avait vraiment persuadé de la profonde qualité de l'homme et du savant. On ne pouvait guère que l'aimer quand on le connaissait. »
Jean-Noël Pascal (professeur, Université de Toulouse)
« Je suis vraiment secoué par cette fin brutale. J'ai peu connu David, mais j'ai tout de suite éprouvé une grande sympathie pour lui et beaucoup de respect pour son travail sensible et intelligent. »
Manuel Couvreur (professeur, Université de Bruxelles)
« C'est avec beaucoup de peine que j'apprends le décès de David Trott. J'avais eu le plaisir de le rencontrer lors du colloque que j'avais organisé à Vizille sur "La Révolution française et les arts de la scène", et j'avais pu apprécier sa gentillesse, son enthousiasme, l'originalité de sa recherche et sa volonté de partage - que prouvent les sites internet dont il a été l'initiateur. J'adresse à toute sa famille mes condoléances les plus sincères. »
Philippe Bourdin (professeur, Université de Clermont-Ferrand)
« Je ne connaissais pas personnellement David Trott, mais il a été l'un des collaborateurs de la Revue, et je suis très attristée par la nouvelle de sa disparition. Veuillez transmettre toutes nos condoléances à la famille de Monsieur Trott et l'assurer de notre vive sympathie. »
Maryline Romain (Société d'Histoire du Théâtre)
« La nouvelle est tellement triste et tellement inattendue que je ne sais pas comment réagir. Pas plus tard que ce matin j'ai consulté César - autrement dit, j'ai été en contact avec David, car interroger cette base de données c'était, d'une certaine manière, lui parler. C'est d'ailleurs la seule idée consolante qui me vient à l'esprit pour l'instant : quoique parti, David Trott est encore parmi nous grâce à tout ce qu'il a fait pour le théâtre de l'Ancien Régime. Plus que jamais, non omnis moriar. »
Iona Galleron-Marasescu (maître de conférences, Université de Lorient)
« Bien que je n'aie que récemment connu David Trott, je l'ai aimé tout de suite et j'avais anticipé avec enthousiasme l'opportunité de travailler encore une fois avec lui cet été. Je tiendrai toujours en mémoire sa sympathie pour mon sujet et les discussions que nous avons pu entretenir à Oxford, 2003. »
David Charlton (professeur, Royal Holloway, University of London)
« J'appréciais infiniment ses travaux et sa gentillesse. C'était un grand chercheur et un homme adorable. Je me souviendrai toujours de son intervention à la fin de ma communication, lors de la journée d'étude sur le théâtre de société, car, quoique je ne fusse pas spécialiste, il avait trouvé que mon travail apportait quelques perspectives éclairantes. Son humilité était d'une grande délicatesse. C'est certain, David Trott nous manquera, beaucoup. »
Anne-Sophie Barrovecchio (doctorante, Université de Paris-Sorbonne)
« David était un esprit délicat et original dans un monde qui ne l'était guère: il y avait chez lui quelque chose d'une Europe disparue et que ce pur Canadien nous renvoyait. Je pense à l'ami de plus de vingt ans et au compagnon attentif lors de mes séjours à Toronto. Cet homme qui n'avait pas eu que des bonheurs respirait l'aimable discrétion de ceux qui ne veulent pas avoir le cœur en bandoulière. »
François Moureau (professeur, Université de Paris-Sorbonne)
« Je suis désolé de ce qui est arrivé à David Trott. C'est pour nous vraiment une grande perte : il avait vraiment contribué à donner un nouveau tour à nos études sur le théâtre du XVIIIe siècle. »
Pierre Frantz (professeur, Université de Paris-Sorbonne)
« Je suis sous le choc de la nouvelle du décès de David Trott. J'avais eu l'occasion d'apprécier
son sens du partage, sa droiture intellectuelle, et sa profonde passion pour le théâtre. Je me joins bien entendu à vous pour toute démarche qui pourrait rendre hommage à sa mémoire, qui restera vive, et partage votre profonde affliction. Après la mort de Barry Russell, c'est un
second coup dur pour le milieu de la recherche qui perd là un de ses plus dignes représentants, en même temps que nous nous trouvons orphelins d'un collègue et ami bien cher. »
Martial Poirson (enseignant-chercheur, Comédie-Française et Université de Paris-Nanterre)
« C'est avec une grande émotion que je prends ma part à la peine ressentie par nous tous devant cette triste nouvelle. Je vous prie d'assurer la famille de David Trott de toute ma sympathie et nul doute que nous ressentirons un immense vide en juin prochain. »
David Hennebelle (doctorant, Université de Lille)
« Je m'associe de tout cœur à la douleur due à la disparition de David. Je l'avais rencontré pour la première fois au colloque CESAR à Oxford, en juin dernier, et j'avais découvert un homme extrêmement sensible et humain, chaleureux et compétent. Faisant moi-même partie du comité éditorial de CESAR, je ne sais comment le projet pourra se poursuivre sans lui. »
Jean-Philippe Van Aelbrouck (directeur de la Danse au Ministère de la Culture, Bruxelles)
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